Riporto l'orazione funebre, in lingua originale (non ho trovato la traduzione)
« Si haute soit la montagne, on y trouve toujours un sentier. »
Jeudi dernier, au coeur de la matinée, sur les flancs de la Jungfrau, nos six camarades -
le sergent Cédric Janz,
les soldats
Théophile Baillifard,
Bojan Buchs,
Xavier Fellay,
Philippe Gay-Balmaz
et Carlo Zurbriggen,
nos six camarades cherchaient leur sentier de vie.
Ils ont trouvé celui de leur mort.
La mort fait partie de la vie.
« Les morts sont des invisibles, mais non des absents. »
Je fais mienne cette réflexion du poète Victor Hugo.
Et je vous dis qu'ils sont encore bien présents dans notre souvenir, nos six camarades dont nous pleurons aujourd'hui le départ.
Chères Familles,
Je sais votre douleur.
Je partage votre chagrin,
comme celui des proches, des amis et des communautés villageoises de vos fils.
Je veux vous témoigner notre sincère et profonde sympathie et vous offrir, en ces moments de séparation, force et courage pour surmonter l'épreuve.
Chers Parents,
Vos fils n'aimaient pas la montagne. Non ! Bien davantage ! Ils avaient la passion de la montagne.
Cette montagne tout à la fois belle et rebelle.
Cette montagne pour laquelle ils avaient du respect.
Cette montagne qu'ils avaient choisi de servir au moment d'accomplir leurs obligations militaires.
Die Berge waren für sie eine Leidenschaft.
Die Berge so schön - und doch so gefährlich.
Die Berge - denen sie grossen Respekt zollten.
Mais chez eux, cet esprit de servir allait plus loin encore. Militaires de l'Ecole de recrues de spécialiste de montagne d'Andermatt,
ils se préparaient,
ils s'instruisaient,
ils se formaient,
ils s'entraînaient
à devenir eux-mêmes,
à leur tour,
des guides responsables des autres.
Pour servir d'autres militaires. Pour conduire d'autres militaires sur les sentiers de ces montagnes dont ils avaient la passion.
Un travail de spécialistes, le travail d'une élite.
Une élite qui, par exemple, protège, surveille, conseille les sportifs de la Patrouille des Glaciers !
Les spécialistes d'Andermatt assurent ainsi la sécurité des patrouilleurs reliant Zermatt et Arolla à Verbier. C'est dire leur conscience professionnelle, leur respect de la vie et de la montagne.
Nos six camarades n'étaient pas de simples alpinistes en excursion.
Ils apprenaient à réfléchir, à analyser, à peser et sous-peser, à interpréter tous les facteurs.
Une interprétation qui tient souvent de la virtuosité ! Mais cette virtuosité ne s'achète pas.
Il faut l'acquérir. Elle exige de l'expérience.
Nos six camarades étaient en train d'acquérir cette virtuosité. Grâce à l'appui et à l'encadrement
de leurs guides.
Das Interpretieren aller Fakten in den Bergen verlangt höchstes Können, ja Virtuosität. Aber diese Virtuosität kann man nicht kaufen. Man muss sie sich aneignen! Und sie verlangt Erfahrung. Unsere sechs Kameraden waren auf dem Weg diese Virtuosität zu erlangen. Dank der Hilfe ihres Umfeldes,
dank den Führern.
Nos six camarades n'étaient pas seuls.
Six autres militaires et les deux guides ont été les témoins du terrible accident, de l'horrible chute. Des images insoutenables. A jamais gravées dans leurs mémoires.
A vous Messieurs, qui êtes parmi nous, va notre profonde compassion.
Aujourd'hui plus que jamais, vous mesurez sans doute l'immense respect que nous devons tous à la montagne.
A cette Nature et à ses paysages qui savent si bien nous enchanter !
A cette Nature et à ses caprices qui nous forcent à l'humilité !
Ihnen meine Herren,
die den tragischen Unfall miterlebt haben und heute unter uns weilen, Ihnen gilt unsere Anteilnahme.
Heute wie sicher noch nie zuvor, wird Ihnen der grosse Respekt - den die Berge von uns fordern -
bewusst.
Chers Parents,
Vos fils avaient choisi cette école de recrue. Pour leur passion de la montagne.
Vos fils ont fait leur devoir militaire de citoyen. Avec l'enthousiasme de leur jeunesse.
Tout au long de leurs semaines de service, vos fils ont connu des heures de grand bonheur. Mais aussi certainement des moments de lassitude, voire d'interrogations.
Mais quoi de plus naturel ?
Le sentier de la montagne n'est-il pas aussi parsemé d'instants de grands doutes et de joies intenses ?
Nous pleurons aujourd'hui six camarades militaires, des spécialistes alpins, des amoureux de la vie et de la montagne.
Vos enfants ont servi leur Pays.
Chers Parents,
Vous nous aviez confié vos fils.
Vous aviez confiance.
Nous n'avons pas trahi cette confiance.
Les supérieurs de vos fils, leurs chefs, instructeurs et éducateurs, leurs guides, ont fait au mieux de leur conscience. Sur le sentier de la montagne, dans ce terrible accident, vos fils ont emporté avec eux le secret de leurs derniers pas. La justice humaine travaillera à établir la vérité.
Sans précipitation. Dans la sérénité.
Avec calme et détermination aussi, elle travaillera, si besoin est, à établir les responsabilités de chacun.
Liebe Eltern
Sie hatten uns Ihre Söhne anvertraut.
Sie hatten Vertrauen.
Wir haben dieses Vartrauen nicht verraten!
Die Vorgesetzten Ihrer Söhne, die Chefs, Ausbildner und Führer, haben nach bestem Wissen und Gewissen gehandelt!
Auf diesem Bergpfad, bei diesem schrecklichen Unfall, haben Ihre Söhne das Geheimnis ihrer letzten Schritte mit in die Tiefe genommen.
Chères Familles,
Gabrielle Roy, femme de lettre québécoise du vingtième siècle, a écrit :
« La mort du présent n'est rien - c'est la perte de l'avenir en soi qui est déchirante. »
Vos fils avaient leur avenir devant eux. Tout leur avenir. Toute leur vie.
Oui - cette perte est déchirante.
Elle est douloureuse. Incompréhensible. Révoltante. Injuste.
Avec vous, aujourd'hui, nous partageons votre chagrin. Nous cherchons à comprendre l'incompréhensible.
Nous savons que, dans ces moments de séparation, le chemin est bien court entre la douleur et le doute.
Mais nous savons aussi que, la solidarité est forte, réconfortante. La solidarité des montagnards.
Cette solidarité, chères Familles, le Pays, l'Armée, l'Ecole de recrues de spécialiste de montagne d'Andermatt, les camarades de vos fils, nous tous, nous vous l'offrons aujourd'hui.
Et demain aussi.
Car demain aussi, nous garderons le souvenir ému de nos six camarades trop tôt disparus.
Nous aurons donc le devoir du souvenir.
Le devoir du respect.
In Memoriam.
Sergent Cédric Janz
Soldats Théophile Baillifard,
Bojan Buchs,
Xavier Fellay,
Philippe Gay-Balmaz,
Carlo Zurbriggen,
simplement, sincèrement,
avec reconnaissance pour les fils et camarades que vous avez été, avec gratitude pour votre devoir accompli, avec émotion - et pour la dernière fois,
je vous salue.
Respectueusement. En silence.
Adieu.
Dal sito
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Per l'inchiesta sulla tragediam sempre secondo la stessa fonte sono attesi i risultati nel mese di ottobre.
Condoglianze vivissime alla famiglia e agli abitanti della Confederazione